Revue algérienne des lettres


Description

La Revue algérienne des lettres est une publication académique internationale paraissant en langue française et qui a pour mission d'encourager à la rigueur scientifique en publiant des contributions de chercheurs soucieux de participer activement à la promotion et au respect des normes internationales en matière de rédaction et de méthodologie universitaires à la fois. Pour cela, elle est et restera à l'écoute des experts nationaux et internationaux pour améliorer régulièrement son rendement dans le domaine de la publication savante et veiller au respect du haut niveau des contributions en le conformant aux critères scientifiques des revues internationales. Dans ce cadre, elle partage parfaitement l'idée selon laquelle la rigueur est la valeur-clé de la recherche, et ce, sur tous les plans, particulièrement, rédactionnel et méthodologique. Dans le même temps, consciente qu'elle est du double phénomène de complexité et d'interdépendance traversant au quotidien toutes les sphères du savoir humain y compris celui de la littérature, de la didactique et des sciences du langage, la Revue algérienne des lettres se veut un espace ouvert sur la philosophie, la sociologie, l'anthropologie, la traductologie et les arts. Enfin, la Revue algérienne des lettres n'oublie pas qu'elle est aussi une tribune de publication pour les doctorants et les enseignants qui préparent leur habilitation et essaiera du coup de répondre à leur besoin pressant de publier leurs articles en vue de soutenance de doctorat ou d'habilitation universitaire à condition de s'inscrire dans la rigueur scientifique, méthodologique et rédactionnelle.

Annonce

APPEL A COMMUNICATION DU NUMÉRO 6

 

 

N°6 de la Revue algérienne des lettres RAL

ISSN 2602-621X, E-ISSN 2661-7447

 

Numéro thématique

coordonné par Dr Mokhtar ZOUAOUI, Dr Abdelkrim BENSELIM et Pr Youcef IMMOUNE

 

 

Néo-saussurisme. Évolution ou Révolution ?

 

 

Argumentaire

Depuis quelques années, un regain d’intérêt pour la linguistique Saussurienne est apparu dans les milieux de la linguistique. La raison n'est plus le CLG (Cours de linguistique générale), mais les nouveaux Cahiers retrouvés en 1996 et édités en 2002. Ce nouveau corpus composé de manuscrits et de cahiers d’étudiants allait permettre non seulement de nouvelles lectures, mais essentiellement de rétablir une vérité sur l'impasse faite aux développements épistémologiques qui débutaient le deuxième cours de Saussure (1857-1913). L’intérêt de ces Cahiers retrouvés réside dans le fait qu’ils mettent la lumière sur les vrais apports des études de Saussure à la linguistique de la parole offrant cette fois-ci une image plus juste de ce que fut son projet linguistique. Ils permettent aussi de mieux saisir la singularité de la pensée saussurienne, de mieux définir les contours d’un projet novateur, ceux d’une linguistique unifiée, d’une vision cohérente des faits du langage. Ces études permettent de rompre avec une idée fragmentaire, contenue dans le Cours, selon laquelle le langage serait la somme de la langue et de la parole, que ces deux dernières définissent non seulement des champs de recherche différents mais désignent des objets disparates. On finit, grâce à ces travaux, par comprendre que pour Saussure, ces trois notions (que sont le langage, la langue et la parole) ne désignent en fait qu’un seul objet, à la manière d’une pyramide, où les trois faces établies sur un même fondement, ne constituent qu’un seul monument. Cette conception unifiée des faits du langage récuse l’idée très répandue parmi les linguistes, soutenue d’ailleurs par les éditeurs du Cours, selon laquelle la linguistique saussurienne souffrirait d’un déficit très sensible, celui de l’absence d’une linguistique de la parole. Or, la linguistique saussurienne, révélée par les Écrits, accorde bel et bien une place importante à la parole. A l’occasion de la création de la chaire de Bally, voici ce que dit Saussure de la linguistique: « Elle comporte deux parties : l'une qui est plus près de la langue, dépôt passif, l'autre, qui est plus près de la parole, force active et véritable origine des phénomènes qui s’aperçoivent ensuite peu à peu sans l'autre moitié du langage. Ce n'est pas trop que les deux ».

Il s’agit donc, après la publication des Écrits, de l’urgence et de la nécessité de renouer avec le projet qu’avait nourri Saussure depuis son jeune âge, celui de penser le langage humain à partir des langues et des usages qu’en font les sujets parlants. Il s’agit notamment de la lecture, de l’interprétation des textes inédits, nommés textes de l’Orangerie, pour repenser les sciences du langage et contribuer à un avenir de la linguistique. Mais pourquoi parler d’interprétation, ne suffit-il pas de lire expressément ces textes pour en extraire la pensée ? Ces textes ne sont-ils pas pour autant lisibles de telle sorte qu’il est possible de saisir, sans le recours à une quelconque herméneutique, la portée, le sens ? Quelle est donc cette nature propre aux nouveaux textes saussuriens, celle du De l’essence double du langage notamment qui s’invite à son tour comme objet de réflexion et d’interprétation ? Quelles sont enfin les applications auxquelles peuvent donner lieu ces nouveaux textes, tant ceux de l’Orangerie que ceux déjà publiés auparavant dans les Cahiers Ferdinand de Saussure ou ailleurs ?

Les textes publiés dans Les Cahiers ainsi que ceux qui reproduisent les cahiers des disciples de Saussure dans l’édition critique du CLG de Rudolf Engler ont permis en effet de distinguer les traces d’une épistémologie saussurienne ; il s’agit, plus précisément selon Simon Bouquet de la présence, dans les textes saussuriens, des éléments d’une épistémologie de la grammaire comparée, d’une métaphysique linguistique et d’une épistémologie programmatique d’une science du langage. Trois domaines de pensées qui constituent autant d’axes de recherches soutenus dans le cadre du renouveau du projet saussurien (S. Bouquet, 1997). La sémiotique, la philosophie du langage ainsi que les sciences de la culture et des textes semblent elles aussi propres à tirer profit de ce renouveau, les dernières analyses de François Rastier (2015) le confirment. En effet, les études menées par F. de Saussure sur les anagrammes, informées naguère par Les mots sous les mots de Jean Starobinski (1971), ne sont plus seulement considérées du point de vue littéraire, mais bien plus encore comme une réflexion sur la sémiose textuelle basée sur une conception sémiotique des langues. Ce sont autant de pistes de recherche que proposent tous ceux qui participent au renouveau des études saussuriennes.

Mais ce regain d’intérêt pour Saussure, facilité, il est vrai, par la découverte des nouveaux Cahiers, ne l'est-il pas aussi par une certaine faillite du Chomskysme, du cognitivisme et de la pragmatique ordinaire, s’interroge François Rastier ?

 

Sources bibliographiques

 

Bouquet S. 1997. Introduction à la lecture de Saussure. Paris. Payot.

Rastier F. « Introduction à une relecture de Saussure ». Dans Linguistique. 2006/1 (vol.42) pp.3-18.

Rastier F. 2015. Saussure au futur. Paris. Les Belles Lettres.

Saussure F. (de). 2002. Écrits de linguistique générale. Edités par S. Bouquet & R. Engler. Paris. Gallimard.

Saussure F. (de).1972. Cours de linguistique générale. Edition critique par Tulio de Mauro. Paris. Payot.

Starobinski J. 1971. Les mots sous les mots. Les anagrammes de Ferdinand de Saussure. Paris. Gallimard.

 

 

 

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Dates importantes

30 avril 2019 : dernier délai pour la réception des articles.

30 juin 2020 : mise en ligne du n° 6 sur la plateforme ASJP.

 

 

12-10-2019


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Volumes

5

Numéros

76

Articles