Revue algérienne des lettres


Description

The Algerian Journal of Letters (Revue algérienne des lettres) is an academic publication appearing in French and whose ‎mission is to encourage scientific rigor by publishing contributions from researchers anxious ‎to participate actively in the promotion and respect of international standards in terms of ‎writing and both university methodology. ‎ For this, it is and will remain attentive to national and international experts to regularly ‎improve its performance in the field of scholarly publication and ensure compliance with the ‎high level of contributions by conforming it to the scientific criteria of international journals. ‎In this context, she perfectly shares the idea that rigor is the key value of research, on all ‎fronts, particularly, editorial and methodological. ‎ At the same time, aware that it is a double phenomenon of complexity and interdependence ‎that crosses every day all spheres of human knowledge including that of literature, didactics ‎and language science, the Algerian Journal of Letters is wants a space open to philosophy, ‎sociology, anthropology, traductology and the arts. ‎ Finally, the Algerian Journal of Letters does not forget that it is also a publication platform ‎for doctoral students and teachers who are preparing their accreditation and will try to ‎respond to their pressing need to publish their articles for the defense of a doctorate. or of ‎university accreditation on condition of being part of scientific, methodological and editorial ‎rigor.‎

Annonce

APPEL A COMMUNICATION DU NUMÉRO 6

 

 

N°6 de la Revue algérienne des lettres RAL

ISSN 2602-621X, E-ISSN 2661-7447

 

Numéro thématique

coordonné par Dr Mokhtar ZOUAOUI, Dr Abdelkrim BENSELIM et Pr Youcef IMMOUNE

 

 

Néo-saussurisme. Évolution ou Révolution ?

 

 

Argumentaire

Depuis quelques années, un regain d’intérêt pour la linguistique Saussurienne est apparu dans les milieux de la linguistique. La raison n'est plus le CLG (Cours de linguistique générale), mais les nouveaux Cahiers retrouvés en 1996 et édités en 2002. Ce nouveau corpus composé de manuscrits et de cahiers d’étudiants allait permettre non seulement de nouvelles lectures, mais essentiellement de rétablir une vérité sur l'impasse faite aux développements épistémologiques qui débutaient le deuxième cours de Saussure (1857-1913). L’intérêt de ces Cahiers retrouvés réside dans le fait qu’ils mettent la lumière sur les vrais apports des études de Saussure à la linguistique de la parole offrant cette fois-ci une image plus juste de ce que fut son projet linguistique. Ils permettent aussi de mieux saisir la singularité de la pensée saussurienne, de mieux définir les contours d’un projet novateur, ceux d’une linguistique unifiée, d’une vision cohérente des faits du langage. Ces études permettent de rompre avec une idée fragmentaire, contenue dans le Cours, selon laquelle le langage serait la somme de la langue et de la parole, que ces deux dernières définissent non seulement des champs de recherche différents mais désignent des objets disparates. On finit, grâce à ces travaux, par comprendre que pour Saussure, ces trois notions (que sont le langage, la langue et la parole) ne désignent en fait qu’un seul objet, à la manière d’une pyramide, où les trois faces établies sur un même fondement, ne constituent qu’un seul monument. Cette conception unifiée des faits du langage récuse l’idée très répandue parmi les linguistes, soutenue d’ailleurs par les éditeurs du Cours, selon laquelle la linguistique saussurienne souffrirait d’un déficit très sensible, celui de l’absence d’une linguistique de la parole. Or, la linguistique saussurienne, révélée par les Écrits, accorde bel et bien une place importante à la parole. A l’occasion de la création de la chaire de Bally, voici ce que dit Saussure de la linguistique: « Elle comporte deux parties : l'une qui est plus près de la langue, dépôt passif, l'autre, qui est plus près de la parole, force active et véritable origine des phénomènes qui s’aperçoivent ensuite peu à peu sans l'autre moitié du langage. Ce n'est pas trop que les deux ».

Il s’agit donc, après la publication des Écrits, de l’urgence et de la nécessité de renouer avec le projet qu’avait nourri Saussure depuis son jeune âge, celui de penser le langage humain à partir des langues et des usages qu’en font les sujets parlants. Il s’agit notamment de la lecture, de l’interprétation des textes inédits, nommés textes de l’Orangerie, pour repenser les sciences du langage et contribuer à un avenir de la linguistique. Mais pourquoi parler d’interprétation, ne suffit-il pas de lire expressément ces textes pour en extraire la pensée ? Ces textes ne sont-ils pas pour autant lisibles de telle sorte qu’il est possible de saisir, sans le recours à une quelconque herméneutique, la portée, le sens ? Quelle est donc cette nature propre aux nouveaux textes saussuriens, celle du De l’essence double du langage notamment qui s’invite à son tour comme objet de réflexion et d’interprétation ? Quelles sont enfin les applications auxquelles peuvent donner lieu ces nouveaux textes, tant ceux de l’Orangerie que ceux déjà publiés auparavant dans les Cahiers Ferdinand de Saussure ou ailleurs ?

Les textes publiés dans Les Cahiers ainsi que ceux qui reproduisent les cahiers des disciples de Saussure dans l’édition critique du CLG de Rudolf Engler ont permis en effet de distinguer les traces d’une épistémologie saussurienne ; il s’agit, plus précisément selon Simon Bouquet de la présence, dans les textes saussuriens, des éléments d’une épistémologie de la grammaire comparée, d’une métaphysique linguistique et d’une épistémologie programmatique d’une science du langage. Trois domaines de pensées qui constituent autant d’axes de recherches soutenus dans le cadre du renouveau du projet saussurien (S. Bouquet, 1997). La sémiotique, la philosophie du langage ainsi que les sciences de la culture et des textes semblent elles aussi propres à tirer profit de ce renouveau, les dernières analyses de François Rastier (2015) le confirment. En effet, les études menées par F. de Saussure sur les anagrammes, informées naguère par Les mots sous les mots de Jean Starobinski (1971), ne sont plus seulement considérées du point de vue littéraire, mais bien plus encore comme une réflexion sur la sémiose textuelle basée sur une conception sémiotique des langues. Ce sont autant de pistes de recherche que proposent tous ceux qui participent au renouveau des études saussuriennes.

Mais ce regain d’intérêt pour Saussure, facilité, il est vrai, par la découverte des nouveaux Cahiers, ne l'est-il pas aussi par une certaine faillite du Chomskysme, du cognitivisme et de la pragmatique ordinaire, s’interroge François Rastier ?

 

Sources bibliographiques

 

Bouquet S. 1997. Introduction à la lecture de Saussure. Paris. Payot.

Rastier F. « Introduction à une relecture de Saussure ». Dans Linguistique. 2006/1 (vol.42) pp.3-18.

Rastier F. 2015. Saussure au futur. Paris. Les Belles Lettres.

Saussure F. (de). 2002. Écrits de linguistique générale. Edités par S. Bouquet & R. Engler. Paris. Gallimard.

Saussure F. (de).1972. Cours de linguistique générale. Edition critique par Tulio de Mauro. Paris. Payot.

Starobinski J. 1971. Les mots sous les mots. Les anagrammes de Ferdinand de Saussure. Paris. Gallimard.

 

 

 

Modalités de soumission

Les contributions à ce numéro seront soumises via la plateforme ASJP (Algerian Scientific Journal Platform, le portail des revues scientifiques algériennes, https://www.asjp.cerist.dz/).

Pour cela, et avant la soumission, il est nécessaire de /

- créer un compte+

- de sélectionner la revue

Revue algérienne des lettres https://www.asjp.cerist.dz/en/PresentationRevue/523

- puis cliquer sur la rubrique « soumission d’article ».

Les articles doivent être rédigés selon le Template téléchargeable sur la page de la revue à la rubrique « Instructions aux auteurs ».

Il est important de préciser que l'article est destiné au n°6 de la revue.

 

Dates importantes

30 avril 2020 : dernier délai pour la réception des articles.

30 juin 2020 : mise en ligne du n° 6 sur la plateforme ASJP.

 

 

12-10-2019


3

Volumes

5

Numéros

76

Articles


« LE TEXTE POETIQUE DANS LES MANUELS SCOLAIRES AU LIBAN : DE L’HISTOIRE ET DE LA CULTURE »

Ayoub Paulette, 

Résumé: Cet article s’intéresse à l’enseignement/apprentissage du texte poétique en première année du cycle secondaire au Liban dans les écoles publiques francophones. Le Livre National, conçu après la dernière réforme pédagogique de 1997, est susceptible de véhiculer des conceptions de et sur la société qui l’élabore ou qui l’adopte, c’est pourquoi l’étude de la structure du manuel ainsi que les genres des textes littéraires destinés à l’exploitation didactique, s’avèrent nécessaires afin de mettre en lumière les reflets historique et culturel qui en émanent. En outre, vivre l’acte didactique en classe autour du genre poétique procure une myriade d’informations concernant les activités, la démarche suivie et l’attitude des apprenants face à un poème qui aborde le patrimoine libanais ainsi que l’histoire lugubre de la guerre libanaise.

Mots clés: texte littéraire ; genre poétique ; didactique du FLE ; manuel scolaire au Liban ; interculturel ; histoire libanaise


"Effacer les plis et redéployer l'histoire": sororités mémorielles dans Soeurs de Wajdi Mouawad

Dupois Gaëtan, 

Résumé: Cet article s’inscrit dans le cadre d’une réflexion sur la mise en scène et les modalités de représentation de la mémoire (ou des mémoires) dans le théâtre francophone contemporain à travers l’exemple de Sœurs, pièce écrite et mise en scène par Wajdi Mouawad. C’est en effet grâce à la mise en scène de deux personnages a priori opposées (l’une canadienne, l’autre libanaise) que le dramaturge réussit à interroger la manière dont le théâtre parvient à faire de la complexe notion de « mémoire » un espace chargé de significations, au sein duquel pourrait se redessiner nos rapports à l’altérité et à l’amitié. Sœurs interroge également la fragmentation géopolitique du monde contemporain et pose la question d’une possible réconciliation entre Orient et Occident. Derived from the play “Soeurs”, written and staged by Wajdi Mouawad, this paper offers a reflection on the way memory (or memories) is represented and staged in the contemporary Francophone Theatre. Starting from an early opposition between a Canadian and Lebanese character, the playwright’s writing and staging choices effectively question how - in a conflictual context, theatre allows alterity and friendship to emerge from the complex notion of “memory”. “Soeurs” also addresses the current fragmentation of world politics and outlines a possible reconciliation between East and West.

Mots clés: théatre ; francophone ; exil ; mémoire ; blessure ; amitié ; politique ; sororité


ENSEIGNEMENT–APPRENTISSAGE DE TEXTES LITTERAIRES EN CLASSE DE FRANÇAIS AU LIBAN : REALITES ET FINALITES (2EME ANNEE SECONDAIRE, SERIE HUMANITES)

Serhan Carla, 

Résumé: Résumé : Dans cette étude, nous interrogeons le curriculum de la deuxième année du secondaire série Humanités au Liban à travers l’examen du manuel du secteur public intitulé « De la langue à la littérature » ainsi que des entretiens semi-directifs avec six professeurs de français du cycle secondaire. Notre but est de comprendre dans quelles mesures les bagages littéraire, historique et interculturel sont-ils édifiés grâce aux cours de français dans le cadre de cette classe. Nous visons aussi à comprendre l’importance de l’enseignement de la littérature dans un monde qui s’éloigne de plus en plus de ce domaine ainsi que le rôle du professeur de français.

Mots clés: Littérature ; Enseignement ; Cycle secondaire ; Liban-bagage littéraire- bagage historique- bagage interculturel.


Choc des civilisations ou choc des ignorances ? Regards croisés. Le "malentendu productif" dans l'oeuvre d'Amara Lakhous

وهاب شهرزاد, 

Résumé: Au cours de ces deux premières décennies, la notion de choc des civilisations est devenue la principale grille de lecture des nouvelles relations interculturelles. La scène internationale est devenue, au début de ce siècle, un théâtre de violences et de conflits ethniques suite à la publication en 1996 de l’essai très controversé de Samuel Huntington. « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde », jugeait Albert Camus, la notion de « choc des civilisations » n’encourage-t-elle pas la division accrue ? À premier abord, cette théorie semble correspondre à l’actualité tragique. Or, nous nous demandons si l’adoption de cette idée n’a pas attisé ces tragédies. Edward Saïd a d’ailleurs démontré combien la théorie de Huntington est fondée sur des préjugés et des ignorances. Le premier volet de notre article est une confrontation des deux thèses opposées, à savoir le choc des civilisations et le choc des ignorances. « De la clarté naît la compréhension. Mais parfois du malentendu naît une nouvelle dimension », l’entre-deux culturel est générateur de malentendus. Le deuxième volet se veut un « plaidoyer » en faveur de la prise en compte des malentendus dans un contexte interculturel. Nous allons montrer que les malentendus sont présents dans toute situation interculturelle et peuvent s’avérer être un provocateur dans le bon sens du terme. Enfin, le dialogue interculturel est devenu un besoin absolu pour dissiper les malentendus et renforcer les liens affaiblis de la famille humaine. Nous évoquerons conséquemment le concept du « malentendu productif » de Marshall Sahlins, à travers notre corpus, comme étant un premier exercice vers le dialogue interculturel. During these first two decades, the notion of clash of civilizations has become the main interpretation of new intercultural relations. The international scene became, at the beginning of this century, a theater of violence and ethnic conflicts following the publication in 1996 of the very controversial essay by Samuel Huntington. "To mis name things is to add to the misfortune of the world", judged Albert Camus, doesn't the notion of "clash of civilizations" encourage increased division? At first glance, this theory seems to correspond to tragic news. However, we wonder whether the adoption of this idea did not stir up these tragedies. Edward Said has shown how much Huntington's theory is based on prejudice and ignorance. The first part of our article is a confrontation of the two opposing theses, namely the clash of civilizations and the clash of ignorance. “From clarity comes understanding. But sometimes misunderstanding is born a new dimension ", the cultural in-between generates misunderstandings. The second part is intended to be a "plea" in favor of taking into account misunderstandings in an intercultural context. We will show that misunderstandings are present in any intercultural situation and can prove to be provocative in the good sense of the word. Finally, intercultural dialogue has become an absolute need to dispel misunderstandings and strengthen the weakened bonds of the human family. We will therefore evoke the concept of "productive misunderstanding" by Marshall Sahlins, through our corpus, as being a first exercise towards intercultural dialogue.

Mots clés: choc des civilisations ; choc des ignorances ; dialogue interculturel ; Histoire ; malentendu productif ; clash of civilizations ; clash of ignorance ; intercultural dialogue ; History ; productive misunderstanding


ISABELLE EBERHARDT : TEMOIN D’UNE ÉPOQUE

بن زيان صبرينة, 

Résumé: Dans le présent article nous nous intéresserons au regard que porte Isabelle Eberhardt sur l’histoire commune qui regroupe les deux rives de la Méditerranée, l’Algérie et la France, à une époque marquée par la colonisation et ce, en recourant à l’approche imagologique pour tenter de révéler l’espace culturel, social et idéologique que les différentes images traduisent dans ses textes, à travers les trois niveaux d’analyse établies par Daniel-Henri Pageaux. Les récits choisis se partagent entre histoire et mémoire où la reconstitution, plus ou moins, fidèle de la réalité que l’auteure observait prenait, volontiers, les reflets de sa perception, ses convictions, son idéologie, son regard vis-à-vis de l’ « Autre » qu’elle défendait ou alors qu’elle dénonçait. Se rapportant à une rencontre, une histoire entendue, un évènement vécu par l’auteure lors de ses déplacements, le tout permet de dessiner le portrait plus ou moins complexe d’une société et d’une époque traversées par elle.

Mots clés: Histoire, réalité, fiction, Imaginaire, Occident, Orient, représentation


ENTRETIEN AVEC CHRISTOPHE MARTIN AUTOUR DE L’ADAPTATION THÉÂTRALE DE BLEU BLANC VERT DE MAÏSSA BEY

حمدي هدى, 

Résumé: Dans cet entretien Christophe Martin nous parle de son expérience d’adaptation théâtrale du roman Bleu blanc vert (2006) de l’écrivaine algérienne d’expression française Maïssa Bey. Il revient sur sa première rencontre avec ce texte, les spécificités de ce travail, les difficultés rencontrées, les techniques adoptées, ainsi que sur les enjeux d’aborder et de créer un travail d’entre-deux : l’Algérie et la France. In this interview, Christophe Martin comments his experience with the theatrical adaptation of Bleu blanc vert (2006), a novel written by Algerian francophone female writer Maïssa Bey. He recalls his first encounter with the text, the specificities of this work, the difficulties encountered, the technics used, along with the issues raised while creating an in-between work – between Algeria and France.

Mots clés: adaptation théâtrale ; théâtre algérien ; littérature algérienne ; réception ; Maïssa Bey ; Kheireddine Lardjam ; El Ajouad


TAOS AMROUCHE : LORSQUE LA MÉMOIRE RACONTE L’HISTOIRE

بوباكور سميرة, 

Résumé: Le présent article traite de l’œuvre de l’auteure Taos Amrouche par le biais d’une lecture qui allie mémoire et histoire. L’ensemble de l’œuvre amrouchienne (Jacinthe noire, Rue des Tambourins, l’Amant imaginaire et Solitude ma mère) sera traité à la fois à travers une lecture genrologique et chronotopique afin d’aboutir à une représentation historique de l’Algérie à un moment donné de son histoire et ce en fonction de voix principalement féminines.

Mots clés: Taos Amrouche ; Algérie ; Histoire ; Mémoire ; chronotpoe ; autobiographie ; femmes


LE LIEU TIERS COMME RÉAPPROPRIATION D’UNE MÉMOIRE ET COMME POSSIBILITÉ D’ÊTRE : LES NUITS DE STRASBOURG, A. DJEBAR (1997) THE THIRD LOCATION IN TERMS OF MEMORY RE-APPROPIATION AND A POSSIBILITY OF BEING: STRASBOURG NIGHTS, A. DJEBAR (1997)

Blondeau Nicole, 

Résumé: 1989. Deux amies algériennes, Thelja et Hawa, juive, berbère, ont rompu le serment qu’elles avaient fait : ne jamais aimer « l’ennemi », un Français pour la première, un Allemand pour la seconde. Or, l’une et l’autre tombent amoureuses de l’homme impensable. La trahison advenue, les deux amantes choisissent Strasbourg, ville frontalière, hantée par l’Histoire, pour vivre leurs amours intranquilles. C’est dans ce lieu tiers, ni tout à fait allemand, ni totalement français, européen et non national, que se détisse l’Histoire, devenue mémoire charnelle partagée avec l’homme-ennemi. Alors, aux linéaments et dans les creux des corps désirants, s’abîme l’Histoire et s’esquisse une possibilité d’être imprédictible. Dans ce lieu tiers, deux femmes s’autorisent à transgresser le poids de l’Histoire, à subvertir les identités déterminées par celle-ci pour envisager de possibles cheminements de liberté. 1989. Two Algerian friends, Thelja and Hawa, the former Algerian, Berber, francophone and arabophone, the later Algerian, Berber and Jewish, broke their oath of never loving “the enemy”, in other terms, a French and a German, respectively. In spite of their commitment, each of them fell in love with the inconceivable man. Betrayal having come to pass, the two enamoured women chose Strasbourg, a border city, haunted by History, to live their uneasy love. It’s in this third location, neither totally German, nor totally French, European and non-national, that History plays out, taking on carnal memory – one shared with the enemy man. Thus, in the lineaments and the hollows of the desiring bodies, History perishes, yielding to a hint of the possibility of being unpredictable. In this third place, two women allow themselves to transgress the weight of History, and subvert their identities as determined by it, in order to consider possible paths of liberty.

Mots clés: Histoire-mémoire ; lieu tiers ; trahison-liberté


DE LA FORMATION INITIALE A LA FORMATION CONTINUE QUEL IMPACT SUR L’EFFICACITE DES PRATIQUES DES ENSEIGNANTS DU PRIMAIRE

Dahoua Sabah, 

Résumé: Beaucoup de formés utilisent actuellement les « nouvelles » technologies de l’information et de la communication, pratiquent une certaine forme d’autoformation, et se libèrent progressivement. Fixer la formation de façon définitive dans des modèles et des procédures figées ou la limiter au mode d’intervention actuel, c’est la condamner dès le départ et de façon irrémédiable à un échec, et par conséquent, négliger les exigences et les impératifs d’une action adaptée à une diversité de profils. Ces derniers n’ayant pas bénéficié d’une réelle formation initiale en rapport étroit avec leur future mission caractérisée par la diversité et la complexité. D’emblée et sur la base de ce constat, il est à se demander si la formation continue, tantôt proposée tantôt imposée mais presque jamais négociée, n’est pas victime d’une maldonne dès le départ.

Mots clés: Formation ; compétences professionnelles ; pédagogie ; rénovation


La réécriture de l'histoire comme réactualisation d'une mémoire commune chez Alain Mabanckou: cas de les Cigognes sont immortelles.

Boudonga Randy-jemael, 

Résumé: Si le roman d’Alain Mabanckou retrace l’itinéraire d’une modeste famille congolaise, il soulève néanmoins une problématique essentielle, celle de la mémoire. En effet, à travers la voix d’un adolescent (Michel) c’est la trajectoire d’un continent et son histoire qui sont racontées après l’assassinat du camarade président Marien Ngouabi en 1977. C’est aussi l’occasion pour l’auteur de mettre en lumière un passé colonial douloureux et de réactualiser une histoire qui pour certains, reste trop peu connue. Ainsi, partant de l’univers familial, ce sont le colonialisme, la décolonisation et les tumultes d’un continent, qui sont revisités et dont le Congo sert de métaphore.

Mots clés: Mémoire ; Histoire ; Littérature africaine


Abdelkébir Khatibi, un écrivain horizontain et perspectiviste. Notules sur le numéro spécial : Atmane Bissani.2018. (dir) Abdelkébir Khatibi : le penser-écrire d’un intellectuel perspectiviste

Hajji Abdelouahed, 

Résumé: Cet article se veut un retour sur le numéro spécial de la revue Interculturel Francophonie consacré au penseur polyvalent Abdelkébir Khatibi. Précisons dès lors que cette réflexion ne prétend pas être un compte rendu mais une note de lecture et une tentative de proposer modestement un arrière-plan méditatif de l’ouvrage. Le professeur Atmane Bissani est le coordinateur et présentateur de cet ouvrage volumineux dont le but est de re-lire l’héritage de l’écrivain marocain Abdelkébir Khatibi tout en écoutant attentivement son enseignement. Les différentes contributions ont mis ainsi l’accent sur le génie de cet écrivain qui a voyagé souplement entre plusieurs disciplines sans être enfermé dans une seule. De plus, il a inauguré une littérature et une pensée de l’inter au Maroc. En effet, on pourrait dire qu’après Khatibi, la littérature marocaine est devenue moins provinciale, moins locale. L’œuvre de Khatibi à mi-chemin entre le littéraire et le philosophique est bien un hymne à l’altérité et à l’interculturel. Passant de la littérature à la philosophie, l’ami des philosophes a introduit toute une littérature réflexive qui investit dans les questions les plus accablantes de notre époque, à savoir les questions identitaires, culturelles, religieuses etc. Bref, sa littérature fait l’expérience de la différence et de la mystique orpheline. C’est à ces questions et bien d’autres que nous invitent le Professeur Atmane Bissani et ses amis dans ce numéro-hommage intitulé : Abdelkébir Khatibi : le penser-écrire d’un intellectuel perspectiviste. On renferme ainsi l’ouvrage avec le sentiment satisfait tant que l’enrichissement littéraire et intellectuel est assuré.

Mots clés: Altérité, rencontre interculturelle, aimance, étrangeté, Langue, littérature, philosophie, perspectivisme.


LA CONSTRUCTION IDENTITAIRE POUR SOI ET POUR LES AUTRES (Article destine au numero special 1 de la revue)

Khelouz Nacer, 

Résumé: La notion « d’altérité » dans toute sa complexité apparait particulièrement opérante en contexte colonial et postcolonial. J’en réfère notamment à Emmanuel Levinas qui, dans son ouvrage Altérité et transcendance (Levinas, 2006), nous assure que « la rencontre, c’est entre étrangers que cela se passe, sans cela ce serait de la parenté » (Levinas, 2006 : 108). Quoi de plus prometteur en effet que ce franchissement, ce forçage du « visage » de l’autre qui se pose et s’impose à nous comme le lieu de notre liberté du fait même qu’il est autre? Cette promesse de rencontre d’avec l’autre, quand elle a lieu, établit une relation duelle et unique de distanciation entre le je et le tu (en tant que déictiques se rapportant aux catégories du discours telles qu’elles ont été conçues par Emile Benveniste ou Saussure, ou même dans le sens rimbaldien du « Je est un autre »). Et c’est précisément cela qui fonde l’éthique selon Levinas et non point une relation d’un je à un ça qui elle, au contraire, préfigure le « il y a » sans vie et sans sens. Ainsi la question de l’ontologie n’est plus tant « qu’est-ce que l’être ? » mais « qu’est-ce que l’autre ? ». L’autre est donc, d’une certaine façon et en forçant peut-être un peu le trait, le fondement de l’ontologie. Cette étude se propose de revisiter la notion d’identité à travers l’Algérie aussi bien coloniale que postcoloniale et en l’élargissant à un courant politico-littéraire « l’algérianisme » que l’analyse du roman de Daniel Saint-Hamont « Et le sirocco emportera nos larmes... » Abstract : The notion of “otherness” in its full complexity seems particularly operative in colonial and postcolonial contexts. I refer especially to Emmanuel Levinas who, in his book “Alterity & transcendence” (2006), assured us that “an encounter takes place with strangers; otherwise it would be mere family ties.” What is indeed more promising than that crossing, or forcing the other’s countenance, which poses and imposes on us as the space of our freedom precisely because it is the representation of alterity? This promise of an encounter with the other, when it occurs, establishes a unique boundary of duality between the ‘I’ and ‘You’ as discursive categories (in the deictic sense of the discursive categories of Emile Benveniste or Saussure, or even in the sense of Rimbaud’s famous “Je est un autre”). This is precisely what lays the foundations of ethics, according to Levinas, and not so much the relation between I (as subject), and the id which, on the contrary, foreshadows the lifelessness and non-sense of “there is”. Thus, the question of ontology is not so much that of “What is being?” but “What is otherness?” Therefore, the other is somehow the cornerstone of ontology.

Mots clés: identité ; altérité ; nation ; colonialisme ; algérianisme