Revue Algérienne des Sciences du Langage

rasdl (revue internationale)

Description

La Revue Algérienne des Sciences Du Langage est une revue internationale qui offre un espace numérique d'échange de travaux menés dans les disciplines pertinentes pour ce champ de recherche telles que la sociolinguistique, la didactique des langues, l'analyse du discours, la psychologie cognitive, le traitement automatique des langues (TAL), la traduction, la traductologie, la terminologie, la lexicographie, la lexicologie, l'onomastique, les TICE, etc. L'objectif est d'offrir aux chercheurs, confirmés ou débutants, ainsi qu'aux praticiens un lieu d'expression, d'information et d'échange accessible à tous grâce à la libre circulation de l'information. La RADSL s'inscrit dans la lignée des publications scientifiques à accès libre. Le conseil scientifique de la revue comprend des spécialistes connus et reconnus sur la scène scientifique internationale. La procédure de sélection des articles suit scrupuleusement les critères des publications scientifiques : relecture anonyme par le comité de lecture. Cette revue est la concrétisation d'une collaboration de deux jeunes chercheures algériennes formées dans le cadre de l'EDAF (Ecole doctorale algéro-française) avec le soutien du Laboratoire de Linguistique, sociolinguistique et didactiques des langues (LISODIL) dirigé par le professeur Taleb Ibrahimi Khaoula. Dr. Wafa Bedjaoui et Dr. Noudjoud Berghout sont les responsables scientifiques de rédaction. Première mise en ligne du site l4-12- 2015


2

Volumes

7

Numéros

70

Articles


La banlieue à travers le discours Regards d’ici / regards d’ailleurs

Haddad Mohand, 

Résumé: Les regards que l’on pourrait avoir face à la banlieue pourraient être distincts selon les lieux de leur jaillissement. Une étude qui tenterait de confronter deux de ces regards serait-elle envisageable ? En raison d’un nécessaire dépassement des clichés en circulation, nous postulons que ces regards s’éloigneraient de certains lieux communs pour produire des discours plutôt conciliant en raison d’une recherche d’une altérité bâtie sur la reconnaissance et le respect. L’hypothèse serait donc que même s’il y a, dans le discours des banlieusards, des marques de survalorisation, celui-ci tente de les dépasser en argumentant en faveur de l’altérité. Dans le discours de l’autre (étranger), n’y aurait-il pas aussi tentative de dépassement pour argumenter en faveur du vivre-ensemble ?

Mots clés: Banlieue ; discours ; Paris ; France ; Chanson ; représentation


La variation en contexte urbain : Quelles formes et quelles dynamiques ?

Berghout Noudjoud, 

Résumé: Cet article traite une problématique liée à la notion de la variation et ses caractéristiques en milieu urbain. Il est question d’étudier la variation linguistique telle qu’elle se manifeste en parler urbain. Pour mettre en évidence cette notion de variation, nous allons poser quelques questions et bien sûr essayer par la suite d’y répondre. Comment la variation linguistique se manifeste en milieu urbain batnéen? Sous quelle forme ? Nous avons, pratiquement, besoin de passer par le terrain pour pouvoir redéfinir la notion de variation et surtout de concevoir la pertinence d’un regard social sur cet même notion. Notre propos n’est pas ici de reprendre les définitions déjà données par les spécialistes francophones, mais de soumettre une réflexion provisoire sur la notion de variation telle qu’elle se manifeste dans les pratiques linguistiques des locuteurs batnéens en milieu urbain.

Mots clés: Sociolinguistique urbaine ; variété ; variation ; quartier


Catégorisation des espaces dans la vallée du M’zab : pour une approche en sociolinguistique urbaine

بوغانم مختار, 

Résumé: En nous inscrivant en sociolinguistique urbaine, nous tenterons d’examiner à travers ce travail la manière dont se fait la catégorisation des espaces dans et par le discours. Notre terrain d’investigation est la vallée du M’zab, dans le Sahara algérien. Notre objectif est plus exactement de relever à partir d’une enquête qualitative les spécificités du processus de catégorisation spatiale du point de vue des locuteurs mozabites.

Mots clés: catégorisation ; discours ; espace ; sociolinguistique urbaine ; vallée du M'zab


Les enseignes commerciales au centre-ville d’Alger : choix des langues et représentations. Cas de la rue Larbi Ben M’hidi (ex rue d’Isly) d’Alger-centre

بن منصور زهرة,  برغوث نجود, 

Résumé: Cet article s’inscrit dans le cadre de la sociolinguistique urbaine qui s’intéresse à l’étude des effets de la ville sur les langues. Dès son émergence, cette discipline a considéré la ville, le quartier, la rue comme un produit social. Les travaux effectués dans cette discipline ont mis en exergue les questions de l’urbanité, de spatialité, des représentations et des pratiques socio-langagières. Dans ce travail, nous allons cerner les écrits de la ville à travers la signalétique linguistique ou l’environnement graphique considéré comme étant une sorte d’affichage qui permet à l’usager de la ville de se retrouver dans l’espace urbain. Plus précisément, nous avons choisi de travailler sur les enseignes de magasins de la rue Larbi Ben M’hidi (ex rue d’Isly) d’Alger-centre. A travers l’affichage commercial de cet espace urbain, nous avons comme objectif de vérifier les représentations sociolinguistiques et urbaines ainsi que la mise en mots des commerçants sur le choix des langues qu’ils se sont appropriées dans leur affichage. Ainsi, nous essayerons de mettre en exergue les critères incitant nos locuteurs (les commerçants) à choisir leur(s) langue(s) mise(s) sur les devantures de leurs magasins.

Mots clés: enseignes commerciales ; espace urbain ; représentations sociolinguistiques et urbaines ; choix linguistique ; appropriation de l'espace sociolinguistique urbaine


Distributions et covariances lieux-langues à Sidi Bel Abbès-ville. A propos de la fragmentation spatio-sociolinguistique d’une ville algérienne.

مربوح هاجر, 

Résumé: Notre intervention propose une réinterprétation de l’analyse qualitative d’un discours pluriel portant sur la ville (sur les pratiques et les représentations spatio-sociolinguistiques), de Sidi Bel Abbès. Ce discours épilinguistico-urbain (collecté entre 2011 et 2014) offre à dessiner les frontières (sociolinguistiques et sociospatiales) que se font les Bélabésiens (enquêtés) de leur ville, et de sa géographie identitaire.

Mots clés: Frontière ; ville ; norme sociolinguistique ; catégorisation sociolinguistico-urbaine


« La signalétique urbaine : un indice de singularisation sociolinguistique ou d’égarement socio-identitaire ? Cas des enseignes commerciales monolingues dans la ville de Bouira »

Abbas Mourad, 

Résumé: De nos jours, la contextualisation urbaine de l’exposition signalétique nous révèle immanquablement une multiplicité ostensible des tournures langagières se rapportant à celle-ci. Ainsi, un échantillon d’enseignes commerciales monolingues assemblé dans la ville de Bouira fera l’objet de cet article s’inscrivant dans le cadre de la sociolinguistique urbaine. L’attention sera focalisée sur les enseignes commerciales matérialisées en l’une des langues de l’autre, en particulier française. Notre intérêt s’étendra pareillement à l’emploi des langues dites identitaires, arabe et berbère en l’occurrence. Par ailleurs, cette étude se fonde d'abord sur une lecture quantitative mais aussi comparative de la répartition des langues dans l’ensemble d’enseignes monolingues sélectionné. L’objectif de ce travail est de révéler les motivations ayant conduit aux emplois commerciaux monolingues exposés. Mais aussi, il est question de démontrer le rapport sociolinguistique complexe entre ces emplois et les singularités socio-identitaires (identité linguistique) des locuteurs de la ville de Bouira. Cette ville du Centre nordique de l’Algérie, est, pour rappel, communément perçue comme un espace urbain plurilingue occupé essentiellement par des berbéro (arabo)phones.

Mots clés: Sociolinguistique urbaine - enseignes commerciales - ville de Bouira – identité – interaction-usage, monolinguisme.


Praxis linguistiques et hiérarchisation spatiale à Béjaia

Yahia Cherif Rabia, 

Résumé: Cette étude sera centrée sur la corrélation entre espaces urbains signifiants et pratiques linguistiques effectives à Béjaia. Les deux discours épilinguistiques et topologique peuvent nous renseigner des différentes manières de saisir le processus d’appropriations et de hiérarchisation des espaces. En adoptant les outils théoriques et méthodologiques que nous offre la sociolinguistique urbaine, nous comptons appréhender les représentations associées aux langues et aux espaces, de ce fait les questions de départ auxquelles nous tenterons d’apporter des réponses tournent autour de l’association des langues particulières par nos témoins aux espaces particuliers, ainsi que le processus de hiérarchisation des langues pratiquées selon les espaces dans le discours de nos témoins. A ce niveau, nous pouvons prétendre associer un parler spécifique à un espace bien délimité mais la valeur de ce parler reste à définir auprès des locuteurs dits bougiotes. Nous pensons également à l’espace étudié qui ne peut être autre que porteur de signification et de différenciations de tous ordres.

Mots clés: Mots-clés : Pratiques linguistiques, représentations linguistiques, espaces, hiérarchisation, ville.


Représentations langagières en contexte urbain multilingue « Tizi-Ouzien »

Kebbas Ghalia, 

Résumé: Dans les temps modernes, rares sont les sociétés qui prétendent préserver leurs langues et leurs cultures de l’influence étrangère. La rencontre des peuples, due aux événements sociohistoriques, socioéconomiques et à la généralisation de l’éducation, constitue un des facteurs les plus décisifs dans le brassage des populations ainsi que de leurs langues et cultures. Ce brassage se manifeste principalement par l’alternance de langues, désormais AL. Ce phénomène multidisciplinaire représente le centre d’intérêt de nombreuses études. La plupart d’entre elles identifient l’AL comme un phénomène urbain très complexe (Calvet, 1994). Elle est également considérée, tout comme la langue, une partie intégrale de la culture, mais à une échelle plurielle (Kebbas, 2016). Une compétence, même restreinte, d’une autre langue permet le contact avec une autre culture et ainsi la réduction de préjugés. En ce sens, la langue et la culture devraient dépasser, à travers l’AL, leur ethnocentrisme pour atteindre l’interculturel. Il est à se demander si ce phénomène s’applique au cas de notre étude. Pour vérifier cette hypothèse inédite, nous avons mené notre recherche dans un centre urbain de la Kabylie, Tizi-Ouzou. Cette ville représente l’épicentre économique, administratif et culturel de la Grande-Kabylie. Par conséquent, elle connait un brassage de populations croissant, ce qui fait d’elle une ville cosmopolite et multilingue où chacun des groupes socioculturels qu’elle abrite, principalement anciens tizi-ouziens et kabylohones, se dispute la légitimité de s’approprier cet espace et par la même faire valoir sa langue maternelle en contexte linguistique diglossique, sinon « pluriglossique ». L’AL se négocie de ce fait dans une dynamique sociolinguistique et psychosociale entre le « code-nous » et le « code-eux » (Gumperz, 1982; Gardner-Chloros, 2009). À ce titre, nous nous interrogeons, à travers les représentations langagières de nos informateurs, sur les rapports socioculturels entre ces deux groupes sociaux. Nous nous demandons s’il s’agit de rapports de complémentarité ou au contraire de rivalité. Quel serait l’impact de ces rapports intergroupes sociaux et des facteurs sociohistoriques, socioéconomiques et sociopolitiques sur les représentations langagières des locuteurs citadins de Tizi-Ouzou et sur leurs pratiques langagières ? Que représentent les paramètres « citadinité » et « vitalité socioculturelle » (Hamers et Blanc, 1983) pour les locuteurs de la ville de Tizi-Ouzou, notamment dans leur identification identitaire? En somme, cet article propose d’analyser le rapport des locuteurs multilingues algériens, principalement issus de milieux urbains, comme la ville de Tizi-Ouzou, à leur langue maternelle (l’arabe de Tizi-Ouzou), à la langue des régions qui l’entourent (le kabyle) et à la langue française. Il explore l’impact du statut juridique et social de ces langues, des événements géopolitiques et de « l’urbanité » sur les représentations langagières des multilingues « tizi-ouziens ». Cette étude vise ainsi à déterminer, à travers le discours épilinguistique, si l’AL arabe de Tizi-Ouzou-kabyle-français, désormais arTO-kab-fr, est un moyen d’enrichissement interculturel, d’où de rapprochement intergroupe ou plutôt de renforcement de l’ethnocentrisme (Lévi-Strauss, 1962), donc de divergence entre groupes sociaux ou encore de malaise identitaire et social. Pour ce faire, nous nous appuyons sur des productions langagières spontanées de nos locuteurs réalisées dans des circonstances sociopolitiques conflictuelles, principalement la décennie noire (1990-2000) et le printemps noir (2001). Nous nous référons également aux théories psychosociales et sociolinguistiques, notamment au discours épilinguistique (Comiti, 1992; Hamers et Blanc, Op. Cit.), et à l’ethnographie de la communication (Fishman, 1971; Gumperz, 1989; Gradner-Chloros, 2009). En effet, nous nous proposons, dans cet article, de traiter dans un premier temps le cadre théorique sur lequel se base notre recherche. Celui-ci sera suivi d’un cadre méthodologique où nous présenterons le contexte de recueil de nos données sociolinguistiques. Nous aborderons ensuite la situation sociolinguistique de notre terrain d’enquête en nous centrant sur les facteurs macro et microsociolinguistiques qui façonnent et génèrent les représentations linguistiques des locuteurs de la ville de Tizi-Ouzou. Nous examinerons enfin, à partir de l’analyse de nos données, l’impact des facteurs sociolinguistiques et sociopsychologiques sur les représentations langagières, les pratiques linguistiques multilingues et sur la détermination identitaire des locuteurs du centre urbain tizi-ouzien.

Mots clés: Alternance de langues ; Sociolinguistique ; Ethnographie de la communication ; Ethnocentrisme ; interculturalisme ; Attitude langagière ; multilingue ; pluridiglossie ; psychologie sociale