journal algérien de médecine
Volume 27, Numéro 4, Pages 94-98

Les Toxi-infections Alimentaires Collectives

Auteurs : قشيوش عمر . Lezzar Abdeslem . Kaoueche O. . Achat A. . Laouar Houssine . Benkhemissa Meriem . Bentchouala Chafia . Benlabed Kaddour .

Résumé

Les Toxi-Infections Alimentaires Collectives (TIAC) sont des maladies émergentes responsables d’une mortalité importante dans les pays en voie de développement. Dans les pays occidentaux, elles sont associées à une morbidité importante, mais sont le plus souvent bénignes. Leur fréquence reste élevée malgré les mesures de surveillance et de prévention prises au niveau de la production, de la distribution et de la conservation des aliments. La définition de stratégies de prévention de leur transmission est nécessaire devant le coût humain et financier qu’elles représentent. Les TIAC posent un véritable problème de santé publique. Ce sont des maladies transmissibles à déclaration obligatoire. Elles sont le plus souvent d’origine bactérienne, parasitaire, virale et non conventionnelle dont la transmission est d’origine alimentaire ou hydrique. Les micro-organismes les plus incriminés sont surtout les salmonelles non typhiques (Enteritidis et Typhimurium), Staphylococcus aureus et Clostridium perfringens,transmis par la consommation de viande peu cuite (boeuf cru, volailles), voire de légumes crus, de produits de la mer, de dérivés laitiers et d’oeufs. Les TIAC peuvent se manifester par de la fièvre, vomissements et diarrhées d’évolution le plus souvent favorable en 2-3 jours. L’examen des selles, des aliments et des vomissements reste le plus demandé, complété par des techniques rapides de biologie moléculaire. L’utilisation systématique des antibiotiques n’est pas indiquée sauf sur certains terrains vulnérables (les extrêmes de l’âge et l’immuno-incompétence). La réhydratation reste la base de la thérapeutique. Le strict respect de l’hygiène des cuisines, des pratiques de restauration et la surveillance médicale du personnel de la chaîne alimentaire (restauration, cuisine, cantine) doit être prévue et comporte l’éviction, la prise en charge et le traitement des sujets présentant une infection cutanée, rhino- ou oro-pharyngée ou digestive. Le contrôle de ces infections reste un objectif prioritaire en termes de veille sanitaire et de sécurité alimentaire.

Mots clés

Toxi-infection alimentaire collective, Diarrhée aiguë, Maladies émergentes, Sécurité alimentaire, Epidémiologie, Surveillance.