Le Journal de l'Eau et de l'Environnement
Volume 10, Numéro 19, Pages 57-75

Impacts Des Activites Anthropiques Sur L’erosion Hydrique Et La Pollution De L’eau De Surface Dans Le Bassin Versant Du Cheliff, Algerie Impacts Of Human Activities On Water Erosion And Pollution Of Surface Water In The Algerian Cheliff Watershed

Auteurs : Harkat Samra . Arabi Mourad . Taleb Safia .

Résumé

RESUME : Le bassin versant du Chéliff, avec 56 227 km2 de superficie et 700 km de cours d’eau, représente l'essentiel des ressources en eau dans la région ouest algérienne. Il constitue un enjeu majeur pour le développement agricole. Cependant, la surexploitation des ressources naturelles et l’usage de produits phytosanitaires pour intensifier l’agriculture ont contribué à l’envasement des barrages et à la détérioration de la qualité de l’eau. Cet étude tente de mettre en évidence les effets anthropiques sur la dégradation du milieu en s’appuyant sur les données hydrométéorologiques et la chimie des eaux (1989-2007). L’analyse hydrologique a montré que l’érosion spécifique à l’échelle mensuelle diffère sensiblement dans les sous bassins versants : 15,95 t/ha/an pour Cheliff Harraza à 13,44 t/ha/an pour Chéliff Harbil. Les orages d’automne provoquent plus de 25% du transport solide annuel. Le coefficient d’écoulement est très élevé : 83,2% (Chéliff Harraza), 52.7% (Chéliff Ghrib) et 59% (Chéliff Harbil). Cette différence s’explique par la lithologie (schistes, marnes et argiles) et l’occupation des sols (diminution du couvert végétal, …). La qualité de l'eau du barrage Ghrib s’est détériorée à partir de 2005 suite aux rejets annuels des eaux usées urbaines (2,366 hm3), et industrielles (0.035 hm3) et au processus d'eutrophisation. L’augmentation des teneurs en NH4+, NO3-, NO2- est provoquée par l'oxydation de la matière organique azotée. La dégradation de la qualité physico-chimique des eaux du barrage Deurdeur suite à un apport d’eaux minéralisées (R.S élevé) est due au lessivage des formations géologiques parcourues, contrairement à celle des eaux du barrage de Harraza, bonnes jusqu’à 2005, puis moyennes entre 2005-2008. Ceci est dû aux apports externes et au phénomène de brassage saisonnier. ABSTRACT: The Cheliff watershed, with 56 227 km2 and 700 km of length, accounts for most of the water resources in Western Algeria. It is thus a major challenge for agricultural development. However, overexploitation of natural resources and the use of pesticides to intensify agriculture have contributed to the silting of dams and deterioration of water quality. This study attempts to highlight the human impacts of environmental degradation based on the hydro-meteorological data and water chemistry (1989-2007). The hydrological analysis showed that the values of specific erosion at the monthly scale are slightly different for the sub-watersheds: 15.95 t/ha/year at Cheliff Harraza, to 13.44 t/ha/year for Cheliff Harbil. Winter storms cause more than 25% of the annual sediment transport. The flow rate is very high: 83.2% (Cheliff Harraza), 52.7% (Cheliff Ghrib) and 59% (Cheliff Harbil). This difference is explained by the lithology (shale, marl and clay) and the land use (low vegetation cover, ...).The water quality of the dam Ghrib has been deteriorating since 2005 due to annual waste water discharges from urban areas (2.366 hm3) and industrial areas (0.035 hm3) and to the eutrophication process. The increased levels of NH4+, NO3- and NO2- is caused by the oxydation of nitrogenous organic matter. The deterioration of the physical and chemical quality of water of the Deurder dam over time by a contribution of mineralized waters (high RS) is due to leaching of geological formations crossed, contrary to the quality of the Harraza dam water which are good since 2005, then of average quality during 2005-2008. This is due to external inputs and the phenomenon of seasonal mixing.

Mots clés

Algérie, Bassin versant du Cheliff, Erosion Spécifique, Transport solide, Qualité des eaux de surface. Algeria, Cheliff Watershed, Specific erosion, Sediment transport, Quality of surface water_