Revue Algérienne des Sciences du Langage
Volume 2, Numéro 6, Pages 114-125

Boxe, Esthétique Et Politique Dans Les Romans De Banlieue

Auteurs : Boumarafi Behdja .

Résumé

Selon un cliché répandu, le sport constituerait un débouché pour les jeunes résidents masculins d’origine postcoloniale des banlieues populaires en rupture avec l’école. Selon les sociologues Stéphane Beau et Gérard Mauger (2017, 11), la culture « anti-école » et les attitudes « macho-prolétariennes » contribuent à éloigner la jeunesse populaire « désouvriérisée » d’un marché de travail de plus en plus marqué par la croissance des taux de scolarisation accompagnée d’inégalités persistantes quant à l’accès à une éducation de qualité. Alors que certains romans de banlieue mettent en scène des personnages footballeurs, on trouve un nombre croissant de récits qui s’approprient de la boxe pour en faire non seulement une métaphore de l’expérience collective d’une jeunesse populaire périurbaine en quête de maîtriser sa violence à la suite des émeutes de 2005, mais aussi une métaphore de la performance individuelle des écrivains qui traduisent cette expérience en œuvres littéraires, voire en un principe esthétique essentiel pour cette activité créative. Dans cet article, je me propose d’examiner quatre romans publiés entre 2006 et 2013 des auteurs Mohamed Razane, Rachid Djaïdani, Jean-Eric Boulin et Rachid Santaki, pour y explorer la figure du boxeur et le double usage de la boxe, à la fois comme métaphore et comme principe esthétique.

Mots clés

Jeunesse populaire ; romans de banlieue ; inégalités ; expérience collective