Le Journal de l'Eau et de l'Environnement
Volume 1, Numéro 0, Pages 38-46

Degradation De La Qualite Microbiologique De L’eau Au Cours De Sa Distribution : Mise En Place D’un Protocole De Quantification Des Biomasses Fixees.

Auteurs : Delahaye E. . Levi Y. . Leblon G. . Montiel A. .

Résumé

RESUME. La présence de matières organiques dissoutes biodégradables et de micro-organismes dans l’eau en sortie d’usine de potabilisation aboutit invariablement à l’établissement d’un écosystème microbien complexe appelé biofilm à l’interface liquide-canalisations. Les stratégies classiques de désinfection (chloration et chloramination notamment) sont d’une faible efficacité sur cette biomasse fixée si l’on souhaite limiter les doses de chlore pour éviter la formation de sous-produits. Afin de pouvoir étudier ce type de phénomène en conditions réelles, un protocole d’étude est mis en place pour permettre tout à la fois de quantifier les biomasses fixées et d’estimer le potentiel de formation de biofilm par une eau donnée. Basé sur des travaux européens, un système simple d’incubateur a été développé permettant la formation de biofilm en situation de terrain et en alimentation continue pour ensuite procéder au décrochage par les ultrasons des biomasses fixées. Le biofilm formé est alors quantifié par utilisation d’un milieu gélosé permettant la croissance des bactéries stressées. Les résultats devraient permettre d’une part de mieux établir un protocole analytique permettant de suivre avec précision le potentiel des différentes ressources en eau de la ville de Paris à générer des biomasses fixées et d’autre part d’en apprécier les variations au cours des saisons. Ceci afin d’optimiser les traitements dans l’objectif d’un meilleur maintien de la qualité microbiologique de l’eau pendant sa distribution. Dans cette optique, il fallait tout d’abord valider l’utilisation des incubateurs comme système expérimental simple permettant une estimation des biomasses fixées et notamment s’assurer de l’homogénéité de la colonisation de ceux-ci par le biofilm. De plus, il convenait aussi d’optimiser le protocole d’ensemencement sur milieu R2A (DIFCO). Les résultats ont permis de déterminer un protocole strict d’ensemencement qui sera donc utilisé pour toute la suite de cette étude sur les biomasses fixées en réseau de distribution. Il semble par ailleurs que l’homogénéité de colonisation des incubateurs utilisés soit directement dépendante des débits d’alimentation.

Mots clés

Qualité microbioloqique , eau, distribution