Le Journal de l'Eau et de l'Environnement
Volume 1, Numéro 1, Pages 13-19

Optimisation De La Filtration Lente : Proposition D’une Methode Simple Pour Rationnaliser Les Operations De Lavage.

Auteurs : Delahaye E . Petitgand T. . Boussahel R. . Duguet J.p . Montiel A .

Résumé

RESUME. La filtration lente est un moyen biologique de clarification des eaux. Lors de ce processus, ce sont notamment des molécules polymères (synthétisées par les micro-organismes présents dans le milieu filtrant) qui jouent le rôle de coagulant. C’est pourquoi, l’établissement puis le maintien d’un écosystème microbien fixé (biofilm) sur le sable des filtres lents d’une usine de potabilisation est l’une des clés d’un traitement efficace. A ce titre, le rôle du phytoplancton (notamment comme producteur de polymères extracellulaires permettant une bonne bio-coagulation) est important dans l’étape de filtration lente. En contre partie, la présence de biomasse algale en trop grande quantité conduit inévitablement à un colmatage des filtres lents et donc à des pertes de charges importantes. Pour prévenir ces phénomènes, des lavages d’intensité variable sont réalisés périodiquement. Ils ont pour but d’éliminer la biomasse responsable du colmatage tout en préservant au maximum le biofilm. Malgré ces précautions, après un lavage en profondeur, une période dite de maturation du filtre doit être respectée avant sa remise en service. A l’heure actuelle, ce sont les analyses réalisées sur les effluents d’un filtre qui déterminent sa remise en service ou non, aucun paramètre direct ne permettant d’apprécier l’état du biofilm. Cette étude réalisée en période estivale constitue une toute première approche. Son but était double : il s’agissait d’une part d’évaluer l’effet du lavage d’un filtre lent sur la quantité de biomasse phytoplanctonique fixée et d’autre part de suivre l’évolution quantitative de celle-ci entre deux lavages d’intensité modérée. Les résultats obtenus montrent que les lavages peuvent entraîner l’élimination de prés de 90 % de la biomasse phytoplanctonique fixée. Après lavage, celle-ci s’accroît de nouveau mais ne retrouve un état d’équilibre qu’après une vingtaine de jours. Plus généralement, la méthode simple proposée ici pourrait constituer un complément aux mesures indirectes classiquement effectuées avant la remise en service des filtres. Elle pourrait peut être aussi contribuer à réduire la durée de la phase de maturation en aidant les exploitants à adapter les lavages en fonction de l’état des filtres.

Mots clés

Filtration