Revue de l'Algerian Petroleum Institute
Volume 3, Numéro 2, Pages 25-35

Technologie Insar : Technique Spn (stable Points Networks) Pour L’analyse Historique Des Instabilités Du Sol De La Région D’alger. Intérêt Dans La Reconnaissance Des Sites Stratégiques Pétroliers En Algérie

Auteurs : Boudiaf Azzedine .

Résumé

La technique ’réseau de points stables’ ou SPN (Stable Points Network) InSAR développée par ALTAMIRA Information [1] permet la détermination de l’historique (1992-2008) des mouvements du sol et des structures avec une mesure variant selon les rotation du satellites : tous les 11-35 jours selon le satellite jusqu’à 1-3 jours en combinant différentes orbites. La SPN permet de mesurer les déplacements verticaux dans les zones urbanisées ou industrielles avec une précision millimétrique. Le principe est basé sur la localisation au sol de l’ensemble des objets à forte rugosité (falaises, rochers, cavités du sol etc.) ou anthropiques (habitations et usines) pouvant être réfléchis et retransmis au satellite. La SPN s’appuie sur l’analyse d’une longue série de données satellitaires SAR sur une période d’au moins 4 mois à 2 ans selon le satellite. Cette suite de données permet de reconstituer l’évolution lente ou brutale du mouvement des structures constituant des réflecteurs constants. La SPN est une technique pouvant mesurer des mouvements à grande échelle, non visibles et non mesurables par les moyens géodésiques classiques. Elle permet d’expliquer ainsi certaines pathologies liées aux fondations des infrastructures des zones analysées (fuites d’eaux usées dans les fondations de constructions localisées sur des sols gonflables ou tassant, fuites de produits industriels dans les bacs de stockage situés sur des sols instables). La SPN est également applicable aux futures zones de développement urbain (villes nouvelles) ou industriel (usines, installations pétrolières ou autres équipements d’énergie). Les informations sur la stabilité du sol du futur site sont un critère déterminant pour le choix définitif et donc de la sécurité des futures installations. Elle peut être également être utilisée comme système de surveillance et de veille des installations stratégiques (en installant des réflecteurs artificiels complémentaires aux réseau naturel). La SPN a été mise en oeuvre dans plusieurs villes : Barcelone, Londres, Paris, etc. En Algérie, l’interférométrie Radar InSAR a été utilisée dans la Wilaya d’Alger pour la période 1992-2002 soit 10 années avant le séisme de Boumerdes-Zemmouri du 21 mai 2003. Une importante subsidence de 3 cm/an a été mise en évidence au sud d’Alger et un soulèvement de 2mm/an a été mis en évidence à l’ouest, dans le Sahel. Cette instabilité du sol est associée à la déformation tectonique asismique (10 années avant le séisme du 21 mai 2003) et à l’activité humaine (pompage de la nappe phréatique de la Mitidja durant la période de sécheresse 1992-2000). La présente communication a pour objectif de montrer les différentes techniques d’interférométrie existantes ainsi que leurs applications spécifiques. Nous présentons également les résultats d’une analyse par interférométrie radar satellitaire réalisée en 2004 dans la région d’Alger pour la période 1992-2000 afin de : ♦ Montrer la capacité de cette secousse tellurique à déformer le sol de la zone épicentrale (Boumerdès, Ain Taya) et loin de l’épicentre (Alger). ♦ Localiser de potentiels déformations tectoniques associées à la faille offshore de Boumerdes-Zemmouri ♦ Localiser l’existence de potentielles instabilités du sols (glissements et de terrains, éboulements rocheux sur le piémont de l’Atlas tellien (piémont à l’Est de Boufarik). ♦ Mesurer l’état de la subsidence de la Mitidja et du soulèvement du Sahel durant la période 2001-2008 et les conséquences du séisme de Boumerdès sur ces instabilités à grande échelle. Les conclusions tirées de cette étude permettent de faire un état des lieux sur les déformations du sol des sites des installations industrielles et pétrolières opérationnelles. De telles études peuvent également être mises en oeuvre dans le choix des futures installations pétrolières stratégiques du pays. Une instrumentation complémentaire peut également être mise en oeuvre pour la surveillance géodésique terrestre et spatiale (pose de réflecteurs artificiels) pour la surveillance de la déformation du sol de toutes les infrastructures pétrolières du pays.

Mots clés

Interférométrie Radar InSAR, SPN, Envisat, ERS, Alger, séismes, glissements de terrain, subsidence du sol, historique des mouvements, sécurité des installations, AVAL.