Iles d Imesli
Volume 13, Numéro 1, Pages 33-50

Pour Une Histoire Situéedes Constructions Civiques De L’empire Ottoman For A Located Historyof The Civic Formations Of The Ottoman Empire

Auteurs : Grungaud Isabelle .

Résumé

Prenant acte de l’explosion des travaux définissant les contours d’un Imperial turnottoman cet article propose d’analyser les raisons pour lesquelles les travaux sur l’Algérie n’y tiennent qu’une place infime. Je suggère d’abord que l’historiographie de l’Algérie à l’époque ottomane, globalement assez récente, a été traversée d’un certain nombre de débats qui ont contribué à maintenir l’Empire à distance, mais en mobilisant à chaque fois des acceptions et des enjeux qui ont varié dans le temps et transformé le rapport à l’Empire. Je défends ensuite l’hypothèse que pour comprendre que le champ des études ottomanes en soit venu à ne faire figurer le Maghreb central que de façon furtive et anecdotique il faut prendre acte de ce que malgré l’ampleur de son déploiement, les travaux sur l’Empire sont pour une grande part restés prisonniers d’une acception qui en agréait un ordonnancement essentiellement sultanien, centraliste et étatiste. Pour émanciper la recherche de ces positionnements respectivement exclusifs, je propose les conditions d’une approche alternative, qui s’articule fermement aux conditions pratiques de la recherche et du métier d’historien avec l’idée d’analyser un « Empire de près », tout à la fois essentiellement en acte et observable dans des contextes les plus spécifiques. Pour illustrer cette approche qui bouscule à la fois les conceptions localistes des sociétés anciennes et les tendances impérialistes et prétentions hégémoniques de l’histoire de l’Empire, je présente une recherche menée autour des enjeux civiques de la succession à Alger à l’époque moderne.

Mots clés

Impérial turn ; Histoire située ; Algérie ottomane ; Bayt al-mâl ; Succession