Aleph
Volume 7, Numéro 3, Pages 41-55

Pr. Rafika Beghoul, Section D'allemand Le Corps "archive" D'aliénations Ou Contre Archive D'une Altérité Réhabilitée. Une Lecture Du Roman De Christoph Ransmayr "die Letzte Welt" (le Dernier Monde" (1988) )

Auteurs : Beghoul Rafika .

Résumé

ABSTRACT Le corps que met en scène Christoph Ransmayr dans son roman Die letzte Welt" ("Le dernier monde") dans une achronie absolue - alignant dans un mouvement intertextuel un temps antique et un temps postindustriel - un passé, présent, futur - est celui de l'exil du dire, de la parole du poète Ovid. Ce corps est aussi celui du mythe de l'écriture qu'un langage poétique dominant et qu'une intertextualité réhabilitent et sacralisent comme résistance et mémoire d'une verticalité, celle d'un auteur engagé. Ransmayr raconte par cette atemporalité et imaginaire débordant, la circularité de l'histoire des soumissions, dominations, margianlisations et réifications de ce corps. Il dresse l'inventaire de transformations, d'une archéologie du savoir, de ses régularités et violences ayant inversé la promesse d'une modernité, d'une émancipation en un désarroi, une tristesse et pauvreté criantes, lisibles sur les visages des Habitants de Tomi, la ville cimetière de rouille et exemple d'une urbanité destructrice. Le corps et l'espace périphériques à l'exemple de Trachila, ces hétérotopies, deviennent sous la plume de Ransmayrs et par des mécanismes d'inversions de ces signifiés violents et lieux transgressifs, ceux d'une contre-histoire, d'un sens politique nouveau dénonçant les "archives gris" visibles et invisibles d'un savoir pouvoir. Ces hétérotopies racontent et écrivent l'autre histoire, l'histoire non écrite des oubliés, des marginalisés par l'hyper-histoire des historiens, à l'exemple de Pythagoras, le fou solitaire, de Echos et d'Arachne, dont la parole et les tableaux tissés se font garants d'une contre-mémoire. "Le dernier monde" ne suggère pas que la fin d'un monde, il fait référence d'une résistance de/et par la littérature, qui se veut être l'expression ultime de son temps et le lieu de dépassements et de subversions.

Mots clés

Le corps exil du dire ; Mythe de l'écriture et autoréflexivité ; Achronie et atemporalité de la marginalisation ; inventaire d'une archéologie du savoir ; archéologie de la violence ; histoire à contre- courant et lieux de subversion ; Périphéries et lieux de transgression ; Hétérotopies ; écrire l'autre histoire celle des oubliés ; contre-mémoire ; circularité de l'histore des soumissions ; inventer un sens politique nouveau ; technologie politique des corps ; une contre-histoire ; La littérature lieu de dépassements